Bougie couleur : ce qu'un colorant change vraiment
C'est la première chose qu'on voit d'une bougie, et la moins discutée. On parle de cire, de parfum, de durée de combustion, presque jamais de ce que la couleur implique pour l'objet lui-même. Elle n'est pourtant pas un simple habillage : colorer une cire ajoute une variable à une formulation déjà complexe, et le choix d'un fabricant de colorer ou non en dit long sur sa façon de travailler.
La couleur naturelle d'une cire n'est pas toujours blanche
Une cire végétale n'a pas nécessairement le blanc franc que l'on associe à certaines bougies. Selon la matière première, son raffinage et sa formulation, elle peut aller du blanc au crème, à l'ivoire ou au jaune très pâle. Certaines cires sont d'ailleurs commercialisées comme blanches, d'autres comme blanc cassé, sans qu'aucun colorant intervienne.
La teinte d'une cire n'est donc pas une preuve de sa composition. Une cire végétale peut être naturellement très claire, et une cire non colorée peut aussi jaunir légèrement sous l'effet de certains parfums ou de la lumière.
Autrement dit, une bougie légèrement crème n'est pas une bougie mal faite. C'est une bougie qu'on n'a pas corrigée.
Tous les colorants ne conviennent pas à une bougie
La distinction qui compte n'est pas entre couleurs mais entre produits.
Les colorants formulés spécifiquement pour la cire sont conçus pour s'y disperser ou s'y dissoudre sans perturber excessivement la combustion. À l'inverse, des poudres insolubles comme le mica remontent avec la cire fondue et peuvent obstruer progressivement la mèche. Elles conviennent davantage aux fondants et aux bougies sans mèche qu'à une bougie destinée à brûler.
Un produit adapté à un fondant ne convient donc pas nécessairement à une bougie à mèche, et l'inverse est vrai aussi.
Une variable de plus à régler
Même adapté à la bougie, un colorant devient un paramètre supplémentaire de la formulation. Employé en quantité importante, il peut modifier le comportement de la mèche et de la combustion. Les fabricants recommandent pour cette raison de tester une bougie dans sa couleur définitive, plutôt que de considérer qu'un méchage validé sur une cire écrue fonctionnera à l'identique une fois la teinte ajoutée.
Colorer une cire n'est donc pas un problème en soi. Cela ajoute simplement une variable à régler.
Une couleur évolue avec le temps
Une cire colorée n'est pas parfaitement stable visuellement. La lumière, et particulièrement les UV, peut faire pâlir une teinte au fil des mois, au point qu'une exposition inégale finit par créer des différences entre les faces d'une même bougie. Des inhibiteurs UV existent précisément pour limiter ce phénomène.
La fragrance elle-même peut modifier la couleur. La vanilline, certains agrumes, la cannelle ou certaines compositions florales peuvent faire évoluer une cire vers le jaune ou le beige, y compris lorsqu'aucun colorant n'a été ajouté.
La couleur finale d'une bougie est donc le résultat de plusieurs variables : la cire, le parfum, le colorant et les conditions de conservation.
La couleur et le givrage ne font pas bon ménage
Il y a un dernier point, propre à certaines cires végétales, et il explique beaucoup de déceptions.
Certaines cires végétales, et particulièrement de nombreuses cires de soja, développent un voile blanc et poudré à leur surface : le givrage. Sur une cire écrue, il se remarque peu. Sur une teinte soutenue, le contraste le rend immédiatement visible, au point que les fournisseurs conseillent eux-mêmes de ne pas colorer une cire sujette au givrage lorsqu'on veut le rendre discret.
C'est une contrainte supplémentaire à intégrer dès lors qu'on cherche une couleur soutenue sur ce type de cire.
La couleur qui ne brûle pas
D'où une solution simple, et largement adoptée par les maisons qui tiennent à la couleur : la mettre ailleurs que dans la cire.
Dans le verre, teinté dans la masse ou laqué. Dans la céramique, où l'émail permet de travailler la couleur indépendamment de la cire. Dans l'étiquette, le couvercle, l'étui.
Le raisonnement est simple : une couleur placée dans le contenant n'entre pas dans la combustion et reste attachée à l'objet une fois la cire terminée. Elle peut donc continuer à exister bien après que la bougie a brûlé.
La cire est un combustible, le contenant est un objet.
Ce qu'on peut regarder avant d'acheter une bougie colorée
Trois choses, qui ne demandent pas d'expertise.
Où se trouve la couleur. Regardez la surface du bain de cire, et le contenant lui-même. Ce sont deux partis pris différents, avec deux comportements différents dans le temps.
Comment la bougie a été conservée. Une teinte vive restée longtemps en vitrine ou derrière une devanture exposée peut avoir pâli, parfois de façon inégale selon la face exposée.
Le contenant, enfin. Un verre transparent montrera tout, le givrage comme les marques d'usage. Un contenant opaque ne montre que ce qu'on a décidé de montrer.
La couleur chez Atelier Panastema
Nous n'ajoutons aucun colorant à nos cires.
La couleur, chez nous, est dans la céramique. Elle vient de l'émail et de la cuisson, indépendamment de la formulation de la cire. Surtout, elle reste lorsque la bougie est terminée : le contenant conserve sa couleur parce qu'il est pensé comme un objet, pas comme un emballage.


